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A Propos de Chat noir chat blanc Film (prof)
Categories: Film Ressources

Apres le stage sur ce film un collegue de l’ain m’a adressé le message suivant :

Oyonnax le 17 mars 2006

Bonjour,
J’étais hier au stage de formation sur le film de Kusturica, et cherchant à poursuivre la question, je viens de lire ce témoignage du réalisateur à propos de la scène du champ de tournesols (il s’agit d’une interview parue dans Positif n°452, octobre 1998). Sans doute connaissez-vous ce texte, mais je me permets néanmoins de le rappeler :

« Michel Ciment : (…) Votre attirance pour la Russie est évidente, y compris dans vos scènes d’amour tournées dans la nature, en particulier celle qui se déroule dans les champs de tournesols et fait penser à Dovjenko.

Kusturica : Je ne sais pas où sont mes racines profondes même si je sais que mes ancêtres viennent d’au-delà des Carpates, mais je me rends compte qu’en vieillissant je supporte de plus en plus mal la ville, au point de ne plus pouvoir y vivre régulièrement. J’ai un désir de nature de plus en plus fort. Cette scène d’amour ne devait pas être tournée parmi les tournesols, mais, plusieurs fois, je suis passé devant ce champ et j’ai soudain décidé que cela se passerait là. De toute façon,la scène d’amour elle-même n’était pas dans le scénario ! Vous avez cité le nom qui convient : Dovjenko. Pendant mes études à la FAMU, j’ai vu une quantité incroyable d’anciens films et en particulier ceux de Dovjenko et des cinéastes qu’il a influencés comme Tarkovski. De ce point de vue, je peux dire que, grâce au communisme, j’ai appris quelque chose. Dovjenko m’a enseigné comment traiter la nature et la place de l’homme dans le paysage, comment créer des métaphores. Je n’oublierai jamais dans La Terre la mort du vieil homme parmi les pommes. Il y a là quelque chose de quasiment bouddhiste où la mort est acceptée, où elle ne fait pas peur. C’est cela pour moi qui est important dans une école de cinéma : vous permettre de voir des films sans savoir quels effets, inconsciemment, ils auront sur vous un quart de siècle plus tard. En prononçant le nom de Dovjenko à propos de cette scène, vous me faites prendre conscience d’un rapport auquel je n’avais pas pensé jusqu’à aujourd’hui. »

Cela pour dire que nous sommes fabriqués de références, conscientes ou non. Et qu’en montrant des films à nos élèves, nous contribuons bien modestement, mais c’est toujours ça, à provoquer, peut-être, en eux ces références.
Merci de nous avoir souligné cette belle scène, et de nous avoir fait prendre le temps de nous y attarder.
Cordialement
Bernard Chanas, Oyonnax

Il me semble que cette très interesssante contribution est un exemple de ce que l’on peut faire sur le blog !

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